Titre : Art of Life
Auteur : Larva
Base : Dir en Grey 


Art of Life



Quelle heureuse journée ! Tous sont joyeux.
Lors d’un mariage, tout le monde oublie les différents qu’ils sont entre eux, pour assister à ce moment magique.
Mais ce n’est pas le cas d’une personne, qui reste éloignée de cette foule qui salue les jeunes mariés.

Au cours de la cérémonie, il avait été déconnecté du monde. Il n’était plus dans cette pièce où il allait perdre à jamais celui qu’il aimait. A tout jamais…

Une larme roula le long de sa joue quand il les vit s’embrasser. A ce moment précis, il sut qu’il ne lui restait rien. Si ce n’est cette douloureuse sensation… quelque chose en lui était brisé.

En quelques minutes… Non, bien avant ça…
Le jour où son ami lui avait annoncé, tout sourire, la date de son mariage, il avait eu l’impression qu’on lui broyait le cœur.
Trop accablé, il n’avait fait aucun commentaire. A la différence de ses amis, qui s’étaient rués sur lui pour le féliciter.
Il était demeuré immobile un moment et, comme à son habitude, il s’était montré un vrai professionnel.
- Ce n’est pas ça qui va t’empêcher de jouer ! avait-il hurlé, le visage inexpressif, en prenant sa guitare. On a encore du boulot.

Dire qu’à cet instant, il ne pensait qu’à une chose, laisser ses larmes couler. Tout arrêter et le supplier de ne pas faire ça… lui avouer ses sentiments.

La fête battait son plein, mais lui, n’était pas d’humeur à s’amuser. Il quitta les lieux et marcha, là où ses jambes pourraient le porter. Il n’avait envie de rien. Aucun désir… rien.
L’idée de rentrer chez lui ne lui vint même pas à l’esprit.

Quand il prit conscience de l’endroit où l’avaient menés ses pas, il observa comme envoûté les voitures qui sortaient du tunnel. Il s’imagina le bruit du pare-brise se brisant, la tête du chauffeur lorsqu’il percuterait la voiture. Il enjamba la rampe de sécurité.
Que lui restait-il ?
Rien !
Qu’est ce qui le retenait ?
Rien !
Autant en finir maintenant. Il ne pouvait plus taire ses sentiments, ni même vivre alors que Die ne se doutait pas une seule seconde de ce qu’il éprouvait.

Il se pencha, une main arrimée à la rampe. Sous le coup de l’adrénaline, les battements de son cœur se mirent à s’accélérer. Il lâcha prise à ce qui le retenait encore à ce monde.

Mais ça ne devait pas encore être son heure…

- Kaoru ! cria une voix, en attrapant de justesse sa main et en le ramenant à la terre ferme.

Sans même le vouloir, il fondit en larmes et il se jeta dans les bras de son sauveur.

- Pourquoi ne lui as-tu rien dit ? Regarde-toi… Kaoru…
- …

Doucement, le jeune homme lui essuya les yeux. Puis, il posa ses lèvres sur celles de Kaoru. Celui-ci entrouvrit la bouche et se serra contre lui.

Ils restèrent un long moment ainsi, dans les bras l’un de l’autre.

- Kaoru… partons…
- Haï…
- Je te ramène chez toi ?
- Non, emmène-moi loin… où tu veux, mais pas chez moi.

Kaoru accepta la main que lui tendit son ami et ils marchèrent côte à côte jusqu’à ce qu’ils montent dans la voiture de l’ami du guitariste.

Pour différentes raisons, Kaoru apprécia la compagnie de Kisaki. Ce dernier se montrait attentif à ce qu’il racontait, et semblait comprendre ce qu’il ressentait, comme si lui aussi avait vécu la même chose.

De plus, il le voyait sous un tout autre aspect, qui était loin de lui déplaire. Sans compter que le bassiste avait le don de se montrer très très tendre quand il le voulait.

Kisaki l’emmena dîner dans l’un des restaurant des hauts buildings. Il faisait nuit, et le panorama à cette heure était magnifique, les lumières brillaient de plein feu. De là où ils étaient assis, Kaoru admirait la vue. Etrangement, il n’éprouvait plus l’envie de pleurer.

Le garçon de salle leur apporta leurs plats, mais Kaoru ne toucha pas au sien, le regard rivé sur le paysage. Kisaki posa sa main sur celle de Kaoru.
- Kaoru.
- … je n’ai pas faim…
- Ce n’est pas grave.
- Pourquoi te montres-tu si gentil ? demanda Kaoru en se servant un verre de saké.
- Ce n’est pas une question de gentillesse. Je ne supporte pas de te voir ainsi.
- … jusqu’où serais-tu prêt à aller pour moi ?
- Que veux-tu dire ?
- C’est simple. Emmène-moi chez toi et baise-moi.
Manquant de s’étouffer, Kisaki observa le guitariste et ne trouva rien à dire. Il voyait parfaitement que Kaoru était triste et ne demandait qu’un peu de réconfort. Un peu de chaleur pour oublier…
Il se leva et se pencha pour l’embrasser. Par chance, ils se trouvaient dans un coin isolé du restaurant et personne ne fut témoin du baiser langoureux qu’échangèrent les deux jeunes hommes.

* * *

Après s’être réveillé, Kaoru attendit que Kisaki se lève. Il aurait pu partir sans se justifier, mais il ne le voulait pas. Il savait ce qu’il se passerait s’il se retrouvait seul une fois de plus.
Il sortit de se pensées en voyant Kisaki ouvrir les yeux, celui-ci lui sourit et l’embrassa.
- Domo arigato, murmura Kaoru.
Se tournant sur son flanc, Kisaki leva la main et lissa les cheveux de Kaoru.

Celui-ci écarquilla les yeux en voyant l’avant-bras de son amant. La veille, il avait été tellement empressé qu’il n’avait rien remarqué.
Voyant le regard de Kaoru, le bassiste voulu retirer sa main, mais le guitariste resserra sa poigne.
- Kaoru, lâche-moi…
- Pourquoi ?
Il s’assit à califourchon sur Kisaki et lui maintint les deux bras au-dessus de la tête.
- Kaoru…
- C’est à cause de moi ? C’est ça ?
- Qu’est-ce que tu racontes ? lança froidement Kisaki en tentant de se libérer.
- Je n’ai rien vu… rien… se reprocha Kaoru.
Il fixa Kisaki qui avait cessé de se débattre et venait de fermer les yeux, d’où s’échappaient des larmes.
- Kaoru… tu n’es pas responsable. Tu n’as rien fait.
- Kisaki.
- …
- Kisaki, répéta Kaoru d’une voix douce.
- Quoi ?
Le bassiste gardait toujours les yeux clos.
- Je peux rester ?
- Fais comme tu veux… mais une chose !
- Quoi ?
- Ne prononce pas son nom…
Kaoru souda ses lèvres à celles de Kisaki, scellant ainsi cette promesse d’un long baiser. Et une fois de plus, ils s’abandonnèrent aux plaisirs.

* * *


- Ai shiteru Kaoru.
Ne pouvant encore le dire, il l’embrassa passionnément. Mais avec du temps, il en était certain, il arriverait à prononcer ces deux petits mots, et ce jour là, il serait enfin libre. Libre de les répéter, sans jamais se lasser.
Kisaki, quant à lui, n’était pas frustré. Puisqu’il avait, après tout, à ses côtés celui qu’il aimait silencieusement depuis des années.

* * *

Le destin est vraiment étrange.
On tombe amoureux d’une personne qui n’éprouve rien à votre égard.
Et d’une manière quelque peu brutale, on essaye de se séparer de cet être.
C’est ce que Kisaki avait fait et que Kaoru avait tenté de faire.
Mais maintenant, une nouvelle vie s’offrait à eux.

* * *

- Ai shiteru ! répéta Kisaki

* * *

~ OWARI ~




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